En ce surlendemain de la Journée mondiale de la liberté de presse, il est utile de rappeler que celle-ci est menacée aux Philippines, particulièrement à la veille des élections législatives qui se tiendront le 14 mai prochain. Voici un extrait du rapport annuel 2006 de Reporters sans frontières:
« Philippines - Rapport annuel 2006
Sept assassinats et autant de tentatives avortées, les journalistes philippins paient le prix fort pour leur liberté de ton. Malgré un renforcement des moyens dans la lutte contre ces violences, le gouvernement peine à rétablir la confiance. La présidente Gloria Arroyo, affaiblie par divers scandales, a tenté d’empêcher la presse de faire son travail de garde-fou de la démocratie.
Le 29 novembre 2005, l’ancien policier Guillermo Wapile a été condamné à la réclusion à perpétuité pour l’assassinat, en 2002, du journaliste Edgar Damalerio. Cette victoire sur l’impunité a été vite éclipsée par le meurtre, trois jours plus tard, du jeune journaliste de radio George Benaojan sur l’île de Cebu.
Après l’Irak, les Philippines sont le pays le plus dangereux au monde pour les journalistes. Ils y sont assassinés, comme Marlene Esperat, en mars, pour leurs enquêtes sur la corruption, mais également pour leurs critiques virulentes des autorités locales. Ainsi, le journaliste Philip Agustin a été abattu sur ordre du maire de Dingalan qui ne supportait plus ses attaques.
Ces assassinats sont souvent précédés de menaces par SMS ou d’envois de colis macabres. La directrice de publication d’un magazine politique, Glenda Gloria, a reçu à son domicile, en août, une couronne de fleurs funéraires, signée «De vos fidèles amis».
Les politiciens et les fonctionnaires mis en cause par la presse locale emploient d’autres moyens, moins radicaux, pour faire taire les critiques. En 2005, au moins cinq journalistes, dont Raffy Tulfo, auteur de la rubrique «Tirer pour tuer» d’un journal local, ont été condamnés à des peines de prison pour diffamation. Par ailleurs, quatre médias ont été fermés, comme la station dxVR FM qui a vu sa licence retirée, en juillet, par le maire d’une ville de l’île de Mindanao.
Confronté à des guérillas communiste et islamiste, le gouvernement, poussé par l’armée, a inclus dans une loi antiterroriste controversée, l’interdiction faite à la presse d’interviewer les «groupes terroristes». »
Depuis l’arrivée de Gloria Arroyo à la présidence en 2001, les Philippines ont connu une véritable vague d’assassinats : 180 personnes auraient été tuées rien que l’année dernière après avoir critiqué le régime politique. Ces exécutions concernent principalement des journalistes et des sympathisants de la «Nouvelle armée du peuple» (NPA), la branche armée du Parti communiste philippin.
Selon Philip Alston, rapporteur spécial de la Commission des droits de l’homme des Nations unies, l’armée philippine est «largement responsable» de plus de 800 meurtres en six ans. Philip Alston pointe aussi du doigt la présidente Gloria Arroyo. Selon lui, celle-ci laisse s’installer un climat d’impunité presque total vis-à-vis les auteurs de ces exécutions extrajudiciaires.
Les Philippines sont assurément à surveiller et je vous invite à le faire, malgré le peu d'information qu'on retrouve dans les médias à son sujet. Sur ce, je ferme ce blogue en vous remerciant d'avoir suivi mon aventure. Si vous désirez recevoir les articles qui ont été publiés à la suite de ce reportage, vous pouvez me contacter à valsimard@hotmail.com.
Paalam na ho! (Au revoir!)
« Philippines - Rapport annuel 2006
Sept assassinats et autant de tentatives avortées, les journalistes philippins paient le prix fort pour leur liberté de ton. Malgré un renforcement des moyens dans la lutte contre ces violences, le gouvernement peine à rétablir la confiance. La présidente Gloria Arroyo, affaiblie par divers scandales, a tenté d’empêcher la presse de faire son travail de garde-fou de la démocratie.
Le 29 novembre 2005, l’ancien policier Guillermo Wapile a été condamné à la réclusion à perpétuité pour l’assassinat, en 2002, du journaliste Edgar Damalerio. Cette victoire sur l’impunité a été vite éclipsée par le meurtre, trois jours plus tard, du jeune journaliste de radio George Benaojan sur l’île de Cebu.
Après l’Irak, les Philippines sont le pays le plus dangereux au monde pour les journalistes. Ils y sont assassinés, comme Marlene Esperat, en mars, pour leurs enquêtes sur la corruption, mais également pour leurs critiques virulentes des autorités locales. Ainsi, le journaliste Philip Agustin a été abattu sur ordre du maire de Dingalan qui ne supportait plus ses attaques.
Ces assassinats sont souvent précédés de menaces par SMS ou d’envois de colis macabres. La directrice de publication d’un magazine politique, Glenda Gloria, a reçu à son domicile, en août, une couronne de fleurs funéraires, signée «De vos fidèles amis».
Les politiciens et les fonctionnaires mis en cause par la presse locale emploient d’autres moyens, moins radicaux, pour faire taire les critiques. En 2005, au moins cinq journalistes, dont Raffy Tulfo, auteur de la rubrique «Tirer pour tuer» d’un journal local, ont été condamnés à des peines de prison pour diffamation. Par ailleurs, quatre médias ont été fermés, comme la station dxVR FM qui a vu sa licence retirée, en juillet, par le maire d’une ville de l’île de Mindanao.
Confronté à des guérillas communiste et islamiste, le gouvernement, poussé par l’armée, a inclus dans une loi antiterroriste controversée, l’interdiction faite à la presse d’interviewer les «groupes terroristes». »
Depuis l’arrivée de Gloria Arroyo à la présidence en 2001, les Philippines ont connu une véritable vague d’assassinats : 180 personnes auraient été tuées rien que l’année dernière après avoir critiqué le régime politique. Ces exécutions concernent principalement des journalistes et des sympathisants de la «Nouvelle armée du peuple» (NPA), la branche armée du Parti communiste philippin.
Selon Philip Alston, rapporteur spécial de la Commission des droits de l’homme des Nations unies, l’armée philippine est «largement responsable» de plus de 800 meurtres en six ans. Philip Alston pointe aussi du doigt la présidente Gloria Arroyo. Selon lui, celle-ci laisse s’installer un climat d’impunité presque total vis-à-vis les auteurs de ces exécutions extrajudiciaires.
Les Philippines sont assurément à surveiller et je vous invite à le faire, malgré le peu d'information qu'on retrouve dans les médias à son sujet. Sur ce, je ferme ce blogue en vous remerciant d'avoir suivi mon aventure. Si vous désirez recevoir les articles qui ont été publiés à la suite de ce reportage, vous pouvez me contacter à valsimard@hotmail.com.
Paalam na ho! (Au revoir!)
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